Un mémorandum d’information est le texte de référence qui présente un projet aux personnes à qui l’on demande de l’argent. Il doit pouvoir être lu sans son auteur : ce que vous expliqueriez de vive voix y figure par écrit.
À quoi sert un mémorandum, et qui le lit ?
Il sert au moment où quelqu’un étudie votre demande en détail. Trois lecteurs l’utilisent, chacun à sa façon.
- Votre banquier y prend les éléments dont il a besoin pour monter un dossier de prêt et le présenter en interne.
- Vos proches y trouvent une description complète du projet, qu’ils relisent seuls avant de vous répondre.
- Des investisseurs y vérifient que ce que vous leur avez dit à l’oral se retrouve par écrit, avec les preuves.
Ces lecteurs annotent le document et le transmettent parfois à une personne que vous ne rencontrerez pas, comme le responsable qui valide les prêts à la banque. Le texte doit donc répondre seul aux questions qu’on vous poserait en rendez-vous.
Quelle différence avec un business plan et un pitch deck ?
Les trois documents décrivent le même projet. Le business plan contient les chiffres et leurs hypothèses, c’est-à-dire les suppositions sur lesquelles reposent les calculs, comme le nombre de clients par jour. Le pitch deck est la version courte, celle que l’on montre en premier.
| Document | À quoi il sert | Longueur | Qui le lit |
|---|---|---|---|
| Mémorandum d’information | Présenter le projet en entier, par écrit, avec ses preuves et ses risques | De huit à trente pages, selon le projet | Le banquier, les proches et les investisseurs qui étudient la demande |
| Business plan | Chiffrer le projet : recettes, dépenses et argent disponible mois après mois, avec les hypothèses de calcul | Un tableur et quelques pages d’explication | Le banquier, l’expert-comptable, les investisseurs |
| Pitch deck | Présenter le projet en quelques minutes et donner envie d’en lire davantage | Une douzaine de slides | Toute personne qui découvre le projet |
En pratique, vous envoyez le pitch deck d’abord. Le mémorandum suit quand la personne veut étudier la demande, accompagné du business plan qui justifie les chiffres. Un chiffre doit être le même dans les trois documents : un lecteur qui relève un écart entre le deck et le mémorandum se met à vérifier tous les autres.
Que contient-il, partie par partie ?
Voici les neuf parties habituelles, dans l’ordre de lecture. Les exemples de ce guide sont fictifs.
- L’essentiel sur une page. Le projet, la preuve principale, le montant demandé et son usage, lisibles en deux minutes. Écrivez cette page en dernier, quand le reste ne bouge plus. Ce qui fait douter : un résumé qui ne donne ni le montant ni son usage.
- Le marché. Le lecteur veut savoir qui sont vos clients, combien ils sont dans la zone que vous pouvez servir, et ce qu’ils utilisent aujourd’hui à la place de votre offre. Ce qui fait douter : un chiffre sans source, ou un marché décrit à l’échelle d’un pays pour un commerce de quartier.
- La solution et le produit. Ce que le client achète et comment il s’en sert, puis où en est le produit à ce jour, du prototype aux premières ventes. Ce qui fait douter : un produit décrit comme terminé alors qu’il reste à construire.
- Le modèle économique. C’est la façon dont le projet gagne de l’argent. Pour un élevage de volailles vendues en direct, le lecteur cherche le prix d’un poulet, le coût de l’aliment et de l’abattage, et ce qui reste par animal. Ce qui fait douter : un gain annoncé sans le détail des coûts.
- La traction. Le mot désigne les preuves que le projet avance : ventes, clients réguliers, précommandes, engagements écrits de futurs clients. Ce qui fait douter : une promesse sans preuve, comme « plusieurs enseignes sont intéressées » sans aucun écrit à l’appui.
- Les projections et l’utilisation des fonds. Les recettes et les dépenses prévues sur deux ou trois ans, avec les hypothèses qui les produisent. Puis un tableau qui répartit le montant demandé par poste. Ce qui fait douter : une courbe qui monte sans explication, ou une ligne « divers » qui pèse un quart du total.
- L’équipe. Qui fait quoi, et avec quelle expérience utile au projet. Précisez le temps que chacun y consacre. Ce qui fait douter : une compétence nécessaire au projet que personne ne détient et dont le document ne parle pas.
- Les risques. Ce qui peut mal tourner, classé par gravité, et ce que vous avez prévu dans chaque cas. Ce qui fait douter : une partie absente, ou limitée à des risques communs à toutes les entreprises.
- Les conditions de la demande. Ce que vous demandez et ce que le lecteur reçoit en échange. Pour un prêt : le montant, la durée, les garanties. Pour une entrée au capital : la part proposée et la valeur retenue pour l’entreprise. Ce qui fait douter : des conditions renvoyées à « plus tard ».
Selon le cadre de votre levée de fonds, des documents réglementaires peuvent s’ajouter au mémorandum. Ce guide ne les traite pas et ne remplace pas un conseil juridique.
Comment l’écrire pour qu’il se lise sans vous ?
- Des phrases courtes. Une idée par phrase, et un fait à la place de chaque adjectif. « 212 clients ont commandé au moins deux fois » renseigne davantage que « une clientèle fidèle ».
- Des hypothèses écrites. Faites suivre chaque chiffre prévu de la supposition qui le produit : « 40 couverts par jour une fois la terrasse ouverte, contre 32 en moyenne pendant l’essai de mars ». Le lecteur qui trouve l’hypothèse trop haute peut alors en discuter avec vous.
- Des risques assumés. Écrivez-les vous-même, avec ce que vous avez prévu pour chacun. Un risque que le lecteur découvre seul l’amène à se demander ce que le document omet d’autre.
- Des sources et des dates. Tout chiffre qui ne vient pas de vous porte sa source et son année.
Avant d’envoyer le document, faites-le relire par une personne extérieure au projet. Chaque question qu’elle vous pose désigne un passage à compléter.
Par où commencer si vous n’avez encore rien écrit ?
La Scorecard de Prelud note votre projet sur 100 après une conversation de quelques minutes. Son dossier complet produit le mémorandum d’information, que l’agent Bot Opex vous aide à retravailler partie par partie. La version finale s’édite à partir d’une note de 80 sur 100.
Outil de préparation. Ne constitue ni une évaluation financière ni une recommandation d’investissement.